Assassinat jean livrelli

Ça dézingue en Corse 35 - Blog à part

Le 6 septembre, trois personnes, liées à la «bande du Petit Bar», ont été renvoyées devant la Cour d’Assises en lien avec l'assassinat de l'avocat Antoine Sollacaro en octobre 2012 : le chef présumé du gang, Jacques Santoni, «complicité d’homicide volontaire en bande organisée» ; et de ses fidèles, Mickaël Ettori, 45 ans et André Bacchiolelli, 51 ans, pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation de ce meurtre».

Au matin du 13 septembre vers 10h00, Guy Orsoni, 33 ans, fils de l’ancien leader nationaliste Alain Orsoni, a été pris pour cible, alors qu’il circulait dans le centre d’Ajaccio. Deux hommes à moto ont fait feu sur son véhicule, blindé. Blessé au bras, il a du être hospitalisé. Cette attaque fait suite à l'assassinat d'un retraité paisible Jean L., 67 ans fin août sur les hauteurs de son village de Bastelica.

Chez les enquêteurs les questionnements allaient bon train car le Guy cumule les dossiers chauds. Il est apparu, de manière pas tout à fait fortuite aux yeux de la justice, que les deux tueurs (non identifiés à ce jour) de Bastelica se seraient trompé car la victime aurait possédé le même véhicule que la cible supposée. Un dossier compliqué pour les gendarmes qui ont repris l'affaire. On a interrogé moultes témoins dont Alain Lucchini, un ex-nationaliste "reconverti dans les affaires" selon l'expression consacrée qui vit justement à Bastelica. Ayant déjà fait l'objet d'une tentative d’assassinat, en décembre 2008 près de l’aéroport d’Ajaccio il a démenti être «en danger». Les autorités ont relevé la présence, sur la commune de Bastelica, de onze véhicules quasiment identiques à celui de Jean Livrelli, le retraité tué par erreur (Corse Matin)

23/09/18

Le (seul…) centre d’enfouissement de déchets en Corse, à Viggianello (Corse-du-Sud), est sous pression : le gestionnaire, Alexandre Lanfranchi, 39 ans, circule désormais en voitures blindées : 3 utilisées aléatoirement pour brouiller les pistes. L’ancien militant nationaliste serait sous pression pour avoir refusé un «pacte de corruption». En juillet 2017, une recyclerie part en fumée près de Bastia. En septembre 2017, c’est un centre de traitement de déchets qui est incendié, dans des circonstances non élucidées… Selon une note de la PJ de 2014 : «la gestion des déchets génère d’importants marchés et peut susciter des concurrences significatives entre les entreprises, tant dans le domaine du transport que de l’exploitation des sites de traitement. Elle est susceptible d’attiser la convoitise du banditisme insulaire. […] Et peut-être à l’origine d’une dynamique de détournement, malversations, concurrence ou entente anticoncurrentielle».

Le seul transport des déchets représentent un marché public annuel de 5 millions d’euros, réparti entre plusieurs sociétés, dont le groupe industriel insulaire Rocca. Son président, Patrick Rocca, a été victime d’une tentative de racket en décembre 2016 : un «commercial», proche du Milieu, David C., lui présente un devis de dépollution d’un terrain. Rocca refuse se devis et est frappé au visage. Il ne porte pas plainte et C. est condamné à 18 mois de prison par le tribunal d’Ajaccio.

Lors des interceptions opérées sur des membres de la Brise de Mer, on peut relever : «Mets ton énergie dans les déchets. Tu seras vite riche». (source : Le Parisien)

Trois hommes mis en examen dans une affaire de complot d'assassinat après la découverte d'un box en mars 2014 avec à l'intérieur un scooter volé dont les plaques avaient été changées, un bidon d'essence et deux fusils à pompe ont conun leurs peines ce 25 septembre.

Christophe Andreani, (déjà mis en examen dans le double assassinat de l'aéroport de Poretta en décembre dernier), comparait dans cette histoire. Il a reconnu avoir caché les armes et volé le scooter et a été condamné à 6 ans de prison.

Icham S., un entrepreneur associé de la SCI propriétaire du box, comparaissait libre. Il a toujours nié être impliqué. Le tribunal lui a donné raison et prononcé une relaxe.

Dernier accusé, Jean-Angelo Guazzelli est en fuite. Il a été condamné à 10 ans de prison.

Jean-Angelo Guazzelli pour rappel est présenté comme un des chefs de la bande de la Brise de Mer, cerveau présumé du système de détournements de fonds au cercle Wagram à Paris entre 2008 et janvier 2011. Il en avait alors été «expulsé» par une autre figure du banditisme corse, Jean-Luc Germani. Jean-Angelo Guazzelli avait été condamné en novembre 2013 à trois ans de prison dont deux ferme dans cette affaire. (Corse Matin/Le Monde)

Le 1er octobre le Tribunal Correctionnel de Bastia commence le procès de 31 prévenus impliqués dans une vaste affaire de trafic de stupéfiants.

En février 2017, la police judiciaire a démantelé un réseau de trafic de stupéfiants dans la région de Bastia: un chargement de 15, 2 kilos de cocaïne, 6, 1 kilos de résine de cannabis et 2, 9 kilos d’herbe de cannabis sont saisis. Les perquisitions ont aussi permis de découvrir près de 85.000 euros en liquide, 150.000 euros sur un compte bancaire et une arme à feu de calibre 7, 65. Les magistrats ont divisés les accusés en deux groupes : les importateurs des stupéfiants d’Amsterdam et les revendeurs actifs à Corte et en Balagne. Les chefs présumés du réseau, les frères Binvignat (dont Jean-Louis Binvignat, le «cerveau») sont déjà connus, notamment pour trafic de stupéfiants. D’autres prévenus ont un casier vierge. Les trafiquants n’ont pas de lien avec le grand-banditisme mais Jean-Louis Binvignat, un commercial, sans travail stable, joueur de carte endetté, affirme avoir été menacé par des membres du milieu pour organiser des voyages aux Pays-Bas suite à des dettes de jeu qu’il avait contractées. (Corse Martin/France 3 Régions/Le Parisien)

France 3 Régions

05/10/18

Après 5 ans d’enquête, le juge d’instruction Serge Tournaire a donné son accord pour conclure la procédure qui visait Michel Tomi par une «comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité» (CRPC). Considéré comme un des principaux parrains du Milieu Corse, Michel Tomi était soupçonné d’avoir corrompu des chefs d’État ou des hauts fonctionnaires africains pour obtenir des avantages commerciaux ou faciliter la signature de contrats publics avec des entreprises françaises. Mais ces infractions (corruption d’agents publics étrangers, abus de confiance, blanchiment, trafic d’influence) ont petit à petit été abandonnées. Seule reste l’accusation de complicité et recel d’abus de biens sociaux en marge de la signature d’un contrat d’achat de vedettes par l’État gabonais à la société française Raidco Marine, en 2010, pour 16 millions d’euros… On ignore encore la peine qui a été négocié entre Tomi et le Parquet.

09/10/18

La police judiciaire a placé en garde à vue deux figures du banditisme : Jacques Mariani, 52 ans, et Aurélie Merlini, 33 ans. Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de vol de parfum datant de 2016 : une vingtaine de litres d’essence de parfum (évalués à 300.000 euros) avaient été volés à Manosque au préjudice de la société L’Occitane.

Le 16 octobre le Tribunal d’Ajaccio qui jugeait 4 personnes pour association de malfaiteurs en lien avec une tentative de meurtre contre Pierre «Ciudetta» Balenci, à Sartène le 4 septembre 2010 a décidé la relaxe pour les accusés François Ettori, les frères Christophe et «Micka» Gelsomino et Jean-Pierre Giacomoni . Ce dernier, proche d’Armata Corsa, n’était toutefois pas présent pour «raisons de sécurité», ayant fait déjà l’objet de plusieurs tentatives de meurtre en mai 2010 et en février 2017. Giacomoni est l’ancien gérant du camping municipal de Roccapina, un camping convoité par le «clan» de Balenci.

19/10/18

Les policiers ont interpellé deux hommes sur une moto volée à Ajaccio. L’un des deux hommes était Guy Orsoni ; l’autre est Antoine M., également connu de la police. Les deux hommes étaient armés : ils abandonnent un sac avec un fusil de précision avec un trépied, un fusil d’assaut, des cagoules, des sacs de couchage et un à trois pistolets. Les policiers n’excluent pas avoir évité un règlement de comptes, alors que Guy Orsoni lui-même se remet de ses blessures survenues lors d'une tentative de meurtre contre lui le 13 septembre dernier.

Le 23 octobre, Jean-Louis Andréani, 61 ans, a été blessé par balles à Vescovato (Haute-Corse), alors qu’il circulait en voiturer. L’homme, blessé au bras et au dos, a réussi à trouver refuge chez un de ses proches puis a été hospitalisé. Connu des services de police pour des affaires de grand-banditisme, Andreani est employé dans une société de sécurité et de transports de fonds de la région bastiaise. Peu après cette tentative de meurtre, une voiture a été retrouvée incendiée non loin du lieu de l’attaque.

Un très bon article du Point parait le 26 octobre et met en lumière toutes les tensions sur l’île de Beauté ces derniers mois. On y parle bien évidemment du dernier interpellé en date Guy Orsoni.

(Corse Matinà

28/10/18

Le nom de la «Bande du Petit Bar» aurait été retiré à deux reprises d’un article, sur ordre de la direction de la rédaction de Corse Matin. La référence au «Petit Bar» aurait été remplacée par la formule «équipe rivale» dans deux articles consacrés à des tentatives d’assassinats (contre Guy Orsoni et contre Pascal Porri). Des changements faits à l’insu du rédacteur des articles, une journaliste expérimentée qui s’en est plaint en interne.

Cette affaire intervient quelques mois après le rachat, en mars dernier, de 35% des parts du journal par un groupe d’investisseurs locaux qui devraient devenir majoritaires en janvier prochain. A la tête de ce groupe figure l’actuel PDG de Corse-Matin, le promoteur immobilier Antony Perrino. Ce dernier est sous enquête par le Parquet d’Ajaccio pour ses relations présumées avec des membres du «Petit Bar», à travers la location d’un appartement.

(Le Parisien)

Le 6 novembre début un procès de fausses facturations liés à un projet immobilier dans lequel on retrouve le nom de Michel Tomi et Richard Casanova.

Le 23 avril 2008, le caïd Richard Casanova est abattu à Porto-Vecchio. Des documents retrouvés sur lui évoquent la construction d’une résidence de vacances, «Alba Rossa», à Serra di Ferro. Il s’agit d’un projet immobilier situé à proximité de l’aéroport de Figari, avec 89 villas et deux immeubles. Suite à l’assassinat, une enquête a été ouverte les circonstances d’acquisition, de rénovation et de transformation de cette résidence par des entreprises locales du bâtiment. Cette enquête a mis à jour un système de fausse facturation, avec, en fonds de tableau, Michel Tomi (un mentor pour Casanova), depuis sa base au Gabon. Versements précipités et massifs de dividendes aux associés, surfacturations, salaires de complaisance octroyés à des proches : le tribunal correctionnel de marseille a procédé au procès de cette affaire.

Les sociétés, «Les Cystes» et «Lumières de Corse», avaient en charge la vente des lots et la commercialisation des appartements : la première a été vidée de ses actifs et la seconde n’a pu dûment régler les loyers promis aux acheteurs. En 2012, le taux de rentabilité, fixé à 6, 5 %, a été réduit de moitié, et la résidence sera déclassée d’une étoile. Poursuivi (après les morts de Casanova et Codaccioni, abattu pour sa part en décembre 2017), Didier Tasso, gérant de fait de la société «Lumières de Corse», a contesté avoir demandé à un de ses complices présumés la confection de fausses factures. En 2009, Tasso avait déjà été condamné pour un dossier étrangement similaire : fausses facture, fraude fiscale, … Le tribunal a également évoqué le salaire de complaisance au fils de Jean-Luc Codaccioni, passé sans justification de 1.300 à 4.000 euros.

Contre Didier Tasso, le procureur a réclamé 3 ans de prison ferme, 50.000 euros d’amende et une interdiction définitive de gérer.

Richard Casanova (JDD)

25/11/18

Ce dimanche matin peu après 7 heures, le gérant de la station service Vito de Bastia, dans le quartier du Fango, a été retrouvé tué par balle par une automobiliste. Au même moment, un incendie s'est déclaré dans le garage attenant à la station.

La victime, Franck A., 35 ans, a été mortellement blessée par un tir au niveau de la gorge.

Qui aurait pu en vouloir à cet homme, grand sportif, adepte des trails, connu de la justice uniquement pour "un vieil antécédent judiciaire, un délit financier".

Des éléments intriguent comme le fait que le feu ait été mis à la partie garage de la station, faisant courir un risque énorme vu la nature des produits (carburant, bouteilles de gaz...) présents dans ce type d'établissement. Ainsi que cette voiture retrouvée incendiée, quartier Saint-Antoine, quasiment à la même heure que celle de la découverte du corps. (Corse Matin)

21/12/18

Trois hommes sont actuellement jugés devant le Tribunal Correctionnel de marseille pour avoir projeté l’évasion du corse Jean-Bernard Leca et de Brice Desravaux de la Maison d’Arrêt de Luynes. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’une évasion organisée et détention d’armes et de munitions.

En avril 2015, l’Administration Pénitentiaire est alertée sur un projet d’évasion organisé par trois figures montantes du milieu marseillais : Karim M., 35 ans ; Félix B., 28 ans ; et Ibrahim R., 28 ans. Ils totalisent 23 condamnations pour diverses affaires. Le trio a été arrêté fin avril. Par ailleurs, Karim M. était recherché dans une affaire de tentative de meurtre en bande organisé et Félix B. dans une affaire de stupéfiants. Les perquisitions permettent de saisir un pistolet de calibre 11.43, des munitions, des chargeurs de Glock et de kalachnikov, une cagoule, un brouilleur d’ondes, des fausses plaques d’immatriculation, … mais surtout d’un «document sur lequel était dessinée une enceinte d’établissement pénitentiaire avec mirador, grillage, caméra et lampadaire, accompagné d’instructions manuscrites visant à organiser une évasion». L’enquête semble également montrer des repérages aux abords de la prison de Luynes.

Ils auraient voulu faire évader Jean-Bernard Leca, 45 ans, tueur réputé proche de la «Bande du Petit Bar». Arrêté armé en août 2009, devant le domicile d’un homme, ancien leader du MPA (condamné dans cette affaire à 6 ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et détention d’armes), il a été reconnu coupable du meurtre de Noël Andréani (ancien membre du MPA et proche d’Alain Orsoni et d’Antoine Nivaggioni) en juin 2009 et condamné à 29 ans de prison en 2014 (peine ramenée à 18 ans en 2016). Il avait déjà été condamné en 2006 pour escroquerie en bande organisée, infraction à la législation sur les cartes de paiement et recel. Brice Desrayaux, 33 ans, est mis en cause dans l’exécution de Karim Régaoui, en juillet 2014, sur fond de narcobanditisme marseillais.

Selon la thèse de l’accusation, c’est un autre détenu, Kamel Mimar, qui aurait missionné ses proches pour cette évasion. Présenté comme le chef de la bande des Carmes (quartier de marseille), Mimar a été récemment condamné à 10 ans aux Assises d’Aix pour des braquages de bijouterie.

Ni lui, ni Leca, ni Desravaux ne sont poursuivis dans cette affaire. (Le Parisien)

Le 21 décembre, le Tribunal Correctionnel de Paris condamne à un an de prison avec sursis et 375.000 euros d’amende, Michel Tomi, 71 ans. Il avait accepté un «plaider coupable» (reconnaissance préalable de culpabilité) pour complicité et recel d’abus de biens sociaux, pour avoir perçu illégalement une commission de 1, 6 million d’euros en marge d’un contrat d’achat de vedettes par l’État gabonais à une société française.

Homme d’affaires clé de la «Françafrique», il dirige notamment le PMU du Gabon et du Cameroun. Depuis 5 ans, l’information judiciaire, baptisée «Soprano», visait des faits de corruption d’agents publics étrangers (au Mali, au Cameroun et au Gabon), d’abus de confiance, de trafic d’influence et de blanchiment. La justice a également confisqué les sommes en espèce saisies durant l’enquête (plus de 400.000 euros) ainsi que deux voitures (dont une blindée…). Sa compagne a été condamnée à 6 mois de prison avec sursis et 375.000 euros d’amende pour avoir obtenu, grâce à de faux documents, un titre de séjour et de fausses fiches de paie. Le couple n’a également pas déclaré leurs employés de maison.

Les investigations n’ont pas permis de prouver que les amitiés du «parrain» corse avec des chefs d’État africains avaient débouché sur un pacte de corruption. Il a donc bénéficié d’un non-lieu pour la majeure partie des infractions. (Le Parisien ; JDD)

Sources : JDD ; Corse Matin ; Le Parisien ; Le Point ; Le Monde ; L'Express